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Chant Grégorien Au Thoronet

  • : Le blog de Chantgregorien - les Chantres du Thoronet
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  • : Blog dédié aux Chantres du Thoronet, qui, de mars 2008 à décembre 2015, ont chanté chaque dimanche à 12h, une messe grégorienne (célébrée en rite ordinaire). Spécialisés dans la restauration du chant grégorien selon les manuscrits médiévaux, Les Chantres enregistrent des disques et donnent des concerts en France et à l'étranger.
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Face à la mort, l'homme est renvoyé à la fragilité de sa condition. Le premier mot que l'on chantait dans les églises pour les enterrements était pourtant : Requiem, c'est-à-dire Repos. Car dans le repos, dans le sommeil, il y a l'abandon (à plus grand que soi). La vie a été donnée, l'homme n'en est ni l'auteur ni le maître. A ce don initial correspond l'abandon final dans les bras de Dieu.

Les rites qui entouraient la sépulture des défunts n'avaient rien d'édulcoré : ils invitaient au contraire à regarder la mort en face, dans toute sa radicalité. On y voyait le jugement d'un Dieu exigeant côtoyer les appels confiants à la miséricorde, la face obscure de la perte définitive d'un être cher s'ouvrir sur la lumière éternelle en compagnie des anges et de tous les saints. On mourait pour de bon ; on croyait aussi pour de bon ! La foi donnait à voir ce que les yeux de chair ne peuvent percevoir ici-bas. Et ce qu'on croyait et chantait dans les églises n'était pas une option pour certains mais une réalité pour tous !

Pour oser chanter Requiem devant un mort, il fallait bien l'audace de ce regard de foi et d’espérance où ce qui vient après la mort est considéré comme plus réel que ce qui est perçu ici-bas. Notre chant grégorien nous apprend que, pour tragique et douloureuse qu'elle soit, la mort d'un homme n'est pas un saut dans le néant, ni le point final d'une existence.

Lorsque le défunt traverse le voile de la mort, il accède au prolongement de la réalité dont il n’a fait qu’une expérience limitée dans le temps et dans l’espace. Ainsi, la mort n'est plus une fatalité ou une tragédie à fuir comme une sentence injuste ; elle est comme un rite de passage, une initiation à la réalité plénière, une manière d’accéder enfin à ce pour quoi nous sommes tous créés.

Le chant du Requiem peut bien alors se permettre des envolées : « le juste sera en mémoire éternelle ». Ce n'est plus le néant que découvre le défunt après avoir déchiré le voile de son existence, mais l'être en pleine lumière ! Ce n'est plus un tourbillon de souffrance qui l'emporte, mais ce sont des bras aimants qui l'accueillent.

 

« Lux perpetua luceat ei, » que luise sur lui à jamais la lumière éternelle !

 

 

Damien Poisblaud

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